La carte du mot semences sur twitter

J’ai réalisé cette carte du mot « semences » sur twitter.

La méthodologie est la même que celle employée pour la carte du mot « agriculteur ».

La période des tweets est du 18 juin 2015 au 27 juin 2015.

 

carte twitter du mot semences

voir la carte en grand ici.

On note immédiatement 3 communautés dans ce sociogramme.

La communauté bleue qui comprend essentiellement des comptes agricoles (fnsea, wikiagri, invivo, franceagricole, xavierbeulin, terrenet,..). La communauté turquoise avec le monde des semences (Gnis, Cathdagorn, monsanto_france, ufsemenciers…) et la communauté rose avec plusieurs comptes environnementaliste (greenpeacefr…). Un net pivot à noter avec le compte de Stéphane Le Fol (slefol) au carrefour des communautés bleue et rose. Les comptes Inra_france et cirad sont au carrefour également à la frontière des semences, de l’agricole et des environnementalistes. Au delà de cette analyse rapide et purement graphique, il reste à analyser les données…
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La carte du mot « agriculteur » sur twitter

J’ai fait cette carte du réseau twitter sur le mot « agriculteur ».

Elle a circulé le 19 juin à l’occasion du colloque Afia les « Réseaux Sociaux et l’agriculture » qui s’est tenu à Paris et qui a regroupé une cinquantaine de personnes. Cette carte a fait un petit buzz car elle a été retweeté un bon nombre de fois (en tout cas à mon échelle).

Je vais décrire ici comment je l’ai créé à partir des données de twitter et à l’aide de deux outils : NodeXL et Gephi. Et la commenter!

Carte du mot agriculteur sur twitter

La réalisation de la carte

J’ai réalisé cette cartographie en utilisant plusieurs tutoriels en anglais. Il suffit de chercher un peu sur le net pour trouver de très bon tuto et des vidéos sur youtube, donc je ne vais pas trop détailler la procédure mais surtout commenter mon expérience. La première étape consiste à télécharger les données que l’on souhaite cartographier pour en faire un sociogramme. En l’occurrence je m’intéresse ici aux données de twitter. On pourrait faire le même type de carte avec facebook ou d’autres sources de données. Pour débuter je trouvais twitter plus intéressant et simple d’utilisation.

La première étape consiste à utiliser l’outil NodeXL, qui est un classeur Excel (template) fonctionnant avec Excel 2007, 2010, 2013. Cet outil permet de faire des cartes de réseaux, mais leur rendu étant moins sympa que Gephi, je me servirai uniquement de NodeXl pour charger les données de l’API twitter.

Une fois NodeXl téléchargé et que vous l’avez lancé (il suffit de lancer le fichier NodeXL.xlsx), il faut cliquer sur Importer. La fenêtre d’importation permet de saisir toutes les infos nécessaires à l’importation des données. Si vous souhaitez faire une importation par mot-clé, il vous suffit de le saisir dans la zone de texte prévue. Vous pouvez aussi utiliser les opérateur de recherche de twitter pour combiner des mots. Pour mon importation, j’ai choisi l’option « basic network plus friends », pour importer les nœuds connectés au comptes qui contiennent le mot clé recherché : agriculteur. Le temps de chargement sera long avec cette cette option car il y a plus de nœuds à charger. Il faut ensuite autoriser l’accès à l’API de twitter. pour cela il faut disposer d’un compte twitter et l’utiliser. Une authentification est nécessaire la première fois. La vraie contrainte est la limitation de l’API de twitter qui limite le nombre de requêtes (rate limit). Mais NodeXL gère cela parfaitement. Vous pouvez limiter le nombre de tweets que vous souhaitez obtenir. En cas de dépassement du trafic requêté, NodeXL effectuera des pauses de 15 minutes à chaque requête pour respecter les conditions d’accès de l’API. Il faut savoir que ma requête sur le mot agriculteur a mis plus de 24h… Il faut donc régler son ordinateur pour ne pas qu’il se mette en veille sinon vous devrez tout recommencer…

Une fois que votre requête s’est correctement exécutée vous devez retrouver dans les onglets « Edges » et « Vertices » les données. Il peut être utile de vérifier le nombre de lignes de ces onglets. Pour comprendre votre carte vous aurez à revenir dans ce fichier plus tard pour analyser le contenu des tweets. A ce stade, il suffit de retenir que dans l’onglets « vertices », on va retrouver les comptes twitters impliqués dans la requête (les nœuds), et dans l’onglet « edges », les relations entre les nœuds (follows, mentions, reply to, tweet).

Il est tout à fait possible de créer des sociogrammes avec NodeXL. Mais le rendu étant plus beau dans Gephi, je préfère passer les données dans ce deuxième outil. Pour cela il suffit d’exporter les données au format Graphml (Export/To Graphml file) et de télécharger le logiciel Gephi.

Une fois Gephi lancé, il faut cliquer sur ouvrir, puis sélectionner le fichier graphml enregistré précédement. A l’ouverture de l’assistant d’importation laisser les options par défaut et cliquer sur OK. L’environnement de Gephi comprend 3 onglets (vue d’ensemble, laboratoires des données, prévisualisation). L’essentiel du travail va se faire depuis l’onglet « vue d’ensemble ». Au départ, on retrouve un gros paquet gris comprenant les nœuds et les liaisons. Il n’y a aucun classement à ce stade. Tout le reste du travail va consister à appliquer des algorithmes pour classer les données et rendre le graphe lisible.

Pour cela il faut aller dans le menu « Statistique’ (à droite de l’écran). Nous allons dans un premier temps affecter des tailles différentes aux nœuds selon leur importance (c’est à dire leur nombres de connexions). Je commence par appliquer la méthode « Centrality Eigenvector » (en cliquant sur exécuter). Je laisse les données par défaut et je clique sur OK, un graphique de distribution apparaît, cliquer sur Fermer. Rien ne change dans notre sociogramme. Pour appliquer graphiquement l’algorithme, il faut aller dans le menu « Classement » (à droite de l’espace de travail), rester sur l’onglet « Nœud », cliquer sur le diamant rouge (qui représente la taille/poids) et choisir le paramètre de classement « eigencentrality » (il faut peut être rafraîchir la liste s’il n’apparaît pas), puis cliquer sur appliquer. Pour jouer sur la taille des nœuds, vous pouvez bouger les curseurs. A ce stade, vous voyez des nœuds plus gros que d’autres apparaître, mais cela reste encore assez confus.

Nous allons ensuite appliquer des regroupements. Dans le menu « Statistique », nous allons exécuter l’algorithme « Modularité ». On laisse les options par défaut et on ferme le graphique de distribution. Ensuite pour appliquer graphiquement cet algorithme nous allons dans le menu « Partition » (à gauche). En cliquant sur la double flèche verte, on rafraîchi la liste déroulante de ce menu. Choisir « Modularity Class », puis appliquer. Les nœuds vont alors se colorer selon leur « communauté », formant des classes de couleur dépendant de leur proximité.

Reste ensuite à appliquer une méthode de spatialisation pour répartir dans l’espace de façon plus lisible les nœuds (les nœuds vont s’écarter et se regrouper par classe de couleur). Il faut faire des essais et retenir l’algorithme qui vous plait le plus. Dans mon cas, j’ai retenu « Force Atlas ». Enfin, j’ai choisi de faire apparaître les labels (les noms des comtes twitter, en cliquant sur la lettre « T » en bas de la carte). Il faut ajuster la taille, puis exécuter à nouveau un script de spatialisation (ajustement des labels). Il est possible de retirer certains nœuds non significatifs s’il y en a encore trop de nœuds et que le graphe est illisible. Pour cela, il faut jouer avec les filtres du menu « Filtre » » à droite. En l’occurrence, j’ai utilisé le filtre « plage de degrés » de la catégorie « topologie ». En jouant sur les curseurs, j’ai nettoyé un peu mon graphe en retirant des nœuds qui ont peu de liaisons avec les autres.

La finalisation du rendu se fait dans l’onglet « Prévisualisation », là il faut faire des essais avec les propriétés du graphe.

La description de la carte

La carte obtenue présente 5 groupes de couleur. La groupe jaune est très représentatif de la twittosphère agricole avec des comptes très connus comme les sites d’information agricole : terrenetfr, wikiagri, franceagricole, lavieagricole,… ou des personnalités qui twittent beaucoup comme herve_pillaud, cathdagorn, remdumdum, bourgemain,… Ces comptes on tweeté ou retweeté plusieurs fois le mot « agriculteur » sur la période requêtée (du 29/05/2015 au 06/06/2015). Leur proximité explique la taille élevée des bulles et leur regroupement.

gephi-twitter-agriculteur-150607-zoom

Le groupe vert au centre de la carte comprends de nombreux site d’information généralistes comme lemondefr, franceinfo, 20mintutes, afpfr, le_figaro. Leur proximité s’explique par le fait qu’ils sont tous des sites d’info généralistes qui se suivent. Mais pourquoi sont ils présents dans cette cartographie? Il se trouve qu’ils ont tweetés ou retweettés une info concernant un fait d’hiver (meurtre dans une truffière) impliquant un agriculteur.

 

Plus troublant encore, le groupe turquoise en haut de la carte, constitué d’un grand nombre de comptes avec des petites bulles. On y retrouve plusieurs comptes de personnalité ou de sympathisants du front national o d’extrême droite  (marion_m_lepen, elyseemarine,…) ! Il se trouve que durant cette période, il y a eu un tweet, extrêmement retweeté dans cette communauté avec le mot agriculteur…  la proximité des comptes a fait le reste…

Le groupe bleu est un groupe de chaînes de télé (france2tv, télé2semaines, morandinibiog,…)

Enfin le groupe rouge, très atypique, est constitué du fan club de Kev Adams. Celui-ci a tweeté une photo de lui parodiant un agriculteur. Le tweet a été retweeté par son fan club…

Et voilà l’explication de cette carte qui n’a de sens que prise dans son contexte (période de requête) et en explorant les données ! Vous pouvez désormais réaliser les vôtres et les partager… De mon côté, je pense que je vais en faire d’autres.

Les Makers vont-ils révolutionner le monde?

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Je viens de terminer le dernier livre de Chris Anderson, une des personnalités américaines les plus écoutées sur les nouvelles technologies : Makers : la nouvelle révolution industrielle.

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Ce livre est déjà un peu ancien puisqu’il date de 2012, mais sa lecture me semble toujours passionnante. Chris Anderson a été durant 12 ans le rédacteur en chef de la revue Wired, une référence sur les nouvelles techno. A la suite de l’édition de son livre, il a quitté son poste pour diriger son entreprise qui fabrique des drônes : 3D Robotics et dont il parle abondamment dans son livre.

Comme beaucoup d’auteurs américains, il excelle dans le story-telling et tout en nous disant des choses passionnantes sur le mouvement Makers, il nous raconte sa propre histoire. Le livre commence avec l’histoire de son grand-père, un inventeur de « garage » qui met au point et dépose un brevet sur un système d’arrosage automatique. Chris Anderson, fait un parallèle entre l’histoire de son grand-père, avec ses difficultés pour trouver un industriel qui disposera des fonds et de l’outil de production suffisant pour exploiter commercialement son invention, et celle des makers d’aujourd’hui.

Le propos de Chris Anderson est de nous démontrer que nous vivons actuellement l’émergence d’une nouvelle révolution qui va bouleverser notre façon de produire des choses. Au même titre que l’informatique personnelle, qui s’est développée à large échelle avec Apple et le PC au début des années 1980 puis d’internet dans les 90, les années 2010 verront émerger un nouvel outil de « bureau » : l’impression 3D et autres outils de conception numérique, largement démocratisés. Ces outils de production associés aux logiciel de Conception Assistée par Ordinateur (CAO), simples d’utilisation et extrêmement performants, permettent à Monsieur et Madame ToutleMonde de concevoir des objets uniques pouvant être commercialisés grâce au web sur un marché mondial. Le partage et l’open-source (ainsi que les scanners 3D), permettent d’acquérir et de partager des plans de conception d’objets créés par d’autres, de les améliorer à l’infini  et de les fabriquer dans une démarche Do It Yoursef (DIY).

Le livre propose quelques récits tout à fait passionnants de self-made men qui ont fait fortune en valorisant leur talent de concepteur grâce aux outils numériques. Chris Anderson mêle à ces récits des esquisses de réflexion sur le bouleversement que pourrait avoir (selon lui) ces technologies sur l’économie industrielle. Il y voit notamment une voie qui permettrait aux pays occidentaux de reprendre la main sur leurs industries, perdues au profit de la Chine. La transformation des bits en atomes, devrait entraîner une longue traîne des choses. Dit autrement, les outils de conception numérique qui deviennent extrêmement puissants et simples d’utilisation permettent de fabriquer des objets physiques et de relancer une économie de la production en développant de nouveaux modèles : les petites séries extrêmement spécialisées et personnalisées par rapport à des production extrêmement massives mais standard.

lddcreationL’exemple de Lego Digital Designer illustre parfaitement le phénomène. Les clients veulent de plus en plus des objets uniques, voire même des objets dont ils rêvent et qu’ils conçoivent eux-mêmes. L’entreprise Lego surfe sur cette vague en proposant à ses clients via ce site de concevoir des modèles uniques conçus à partir d’un logiciel de CAO en ligne, puis de vous expédier la boite avec les briques qui vous permettra de monter votre jouet.

Au-delà des jouets, y-a-t’il une place pour ces technologies ? Chris Anderson semble convaincu en nous détaillant quelques belles réussites commerciales. Le développement des lecteurs de carte de paiement de la société Square en est un excellent exemple. Cette entreprise qui développe des lecteurs de cartes pour smartphone a été créé par deux makers McKelvey et Jack Dorsey. Ce dernier a accessoirement aussi créé twitter…

 

MakerBot-thing-o-matic-300Ce qui me semble passionnant d’un point de vue strictement technique, c’est l’innovation que constitue l’impression 3D. C’est une machine qui permet de  créer des objets à partir de modèles numérisés en 3 dimensions par dépôt additif de matière. Elle peut être personnelle, et donc encore limitée notamment au niveau des formats des objets conçus ou au niveau des matériaux, comme la makerBot. Ou elle peut être dans les nuages comme les services en ligne ShapewayPonoko ou encore Thingiverse. Ces dernières solutions offrent une grande variété de matériaux pouvant aller jusqu’au métal. Ce sont aussi des places de marché (marketplaces) permettant de vendre vos créations à une large communauté de clients potentiels. Etre en possession de votre propre outil de production n’est donc plus une limite, vous pouvez le louer…

Un autre levier important de l’économie et de l’innovation émerge de cette révolution, ce sont les plateformes de financement participatif. Le plus connu est sans doute kickstarter. Initialement créé pour aider les artistes à trouver des fonds pour financer leurs production, ce type de plateforme intègre depuis longtemps beaucoup de projets de création d’entreprises qui souhaitent développer un produit, le plus souvent conçu à la manière DIY.

Enfin, que serait la communauté Makers sans les Fab-Labs (Fabrication Laboratory), ces ateliers de création communautaires, équipés des principaux outils de conception numérique (Imprimante 3D, Découpes Laser, Fraiseuses numériques,…) ouverts à tous.

Et l’agriculture dans tout ça ? Pas facile de trouver grand chose, même si des fab-labs commencent à apparaître dans les campagnes, comme celui de Biarne qui a fait l’objet d’un reportage en 2014. Mais ça Chris Anderson n’en parle pas… En revanche, il termine son livre avec les perspectives qu’offrent ces technologies de conception appliquées au vivant (biotechnologies, industrie alimentaire…).

 

 

 

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les promesses du futur

photosyntheseChaque année, la presse techno, nous fait une petite liste des innovations fulgurantes de l’année à venir ou qui pourraient changer nos vies dans un avenir proche.

La liste de mes envies…

J’avoue que j’aime bien les listes et j’aime bien la prospective, aussi cet exercice me plait assez, même s’il faudrait en toute rigueur se plonger dans les promesses passées, pour voir celles qui se sont réellement réalisées. On ne trouve malheureusement cet inventaire nulle part. L’homme préférera toujours rêver qu’être confronté à la morne réalité…

Le MIT (Massachusetts Institute of Technologies), via sa célèbre revue se prête aussi à cet exercice et vient tout juste de publier sa liste des 10 technologies révolutionnaires, qui pourraient changer le monde dans un avenir proche. Ici on est plus dans le registre de la science et les attendues sont estimées en année (souvent autour de 2 – 3 ans). Le propos introductif prévient néanmoins le lecteur :

Toutes les percées ne naissent pas égales . Certaines se présentent en tant que choses déjà plus ou moins utilisables ; D’autres ne sont souvent que des innovations qui émergeront plus tard, et notre devoir et de tâcher d’estimer quand cela se produira. Mais nous prenons le pari que chacune des avancées scientifiques de cette liste vaut la peine d’être suivie au cours des prochaines années.

Vous pouvez consulter la liste de ces 10 innovations technologiques sur le site du MIT directement. Retenons juste qu’on y trouve une start-up de l’imagerie 3D, des nano-architectures, de la communication entre voitures, le projet Loon de Google pour connecter le monde avec des ballons, une technologie de désalinisation des terres, du paiement avec les périphériques Apple, faire pousser des cellules de cerveau humain pour lutter contre certaines maladies, la communication de bases de données d’ADN…

Une de ces 10 techno révolutionnaires concerne l’agriculture

Je m’arrête juste sur une des innovations pointées par le MIT et qui concerne directement la production agricole : les biotechnologies permettant de modifier le processus de photosynthèse des plantes cultivées.

Tous ceux qui ont des bases en physiologie végétale ou en biologie cellulaire (oui, ils sont plus nombreux que l’on croit), savent qu’il y a deux types de plantes si on les observe sous l’angle de leur faculté de transformer l’énergie solaire en matière organique, ce que l’on appelle la photosynthèse. Pour expliquer en deux mots, la photosynthèse fait en sorte qu’une plante va pouvoir transformer le dioxyde de carbone de l’air (CO2) et l’eau du sol (H2O) ce qui va produire la matière organique qui la constitue (glucide) et émettre de l’oxygène (O2). Pour faire cela, une série de cycles métaboliques s’exécutent. Ces cycles sont de nature différente selon que l’on est dans le cas d’une plante en C3 (comme le blé, le riz ou l’orge) ou une plante en C4 (le maïs, le sorgho, la canne à sucre). Les plantes en C4 sont plutôt des plantes tropicales qui résistent mieux au déficit en eau et concentre mieux le carbone pour en optimiser le rendement. Alors qu’elles ne représentent que 5% de la biomasse végétale, elles sont responsables de 30% de la fixation du carbone sur Terre. Les plants en C3 ont un plus mauvais rendement de fixation du carbone, surtout si le climat se réchauffe.

Partant de ce constat, les chercheurs de l’étude citée par le MIT, ont travaillé grâce aux outils offerts par les biotechnologies, sur le génome du riz pour faire en sorte que ses cellules se mettent à faire de la photosynthèse comme des plantes en C4. D’après leur calcul, un riz  ainsi « transformé » pourrait avoir un rendement supérieur à du riz conventionnel de l’ordre de 50%. Ce qui déplafonnerait complétement les rendements des céréales tels qu’il sont observés depuis les années 90 sur l’ensemble des céréales (dont le blé). Un enjeu majeur donc, quand on connait les perspectives de croissance de la population mondiale et le besoin de nourrir 9 milliards de personnes en 2050.

Cette avancée est encore loin d’être complètement opérationnelle. Tous les gènes impliqués dans le fonctionnement photosynthétique ne sont pas encore clairement identifiés et ils pourraient être nombreux. C’est d’ailleurs la seule des 10 innovations listées par le MIT qui pourrait se traduire en application concrète à un horizon de … 10 à 15 ans! Mais je trouve qu’il est satisfaisant de voir qu’un institut aussi technologique que le MIT s’intéresse enfin aux avancées dans le domaine de l’agriculture. J’ai le sentiment que de plus en plus l’économie des hautes technologies s’intéresse à ce qui me semble être le le plus fondamental pour nous humains.

Je ne sais plus qui a dit :

« Si vous mangez, alors vous êtes concerné par l’agriculture. »

 

Smart-agriculture, e-agriculture ou agriculture 2.0 …WTF?

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Dis moi comment tu parles, je te dirai qui tu es…

Tous ceux qui sillonnent les champs et les étables de nos riantes campagnes, n’ont plus que des mots 2.0 à la bouche et un smartphone vissé sur les oreilles si ce n’est carrément pas des lunettes connectées sur le pif. On n’entend plus parler que de Big data agricole (alors que peu de gens savent vraiment ce que cette notion de big data recouvre). Il y a au minimum deux tablettes tactiles embarquées dans chaque tracteur. Tracteur qui est lui même auto-guidé par GPS. Les objets connectés s’annoncent comme la future vague numérique qui va déferler après le déluge des data qui nous seront tombées sur le râble, qu’elles soient Big, Open, Fast ou même Smart…

D’accord mais tout ça, est l’objet de notre étude dans ce blog me direz vous. Oui, et c’est tant mieux.

Mais ce qui me frappe, c’est la diversité des manières de parler de cette révolution numérique qui touche l’agriculture (comme elle touche d’ailleurs tous les secteurs).

De conférences, en communiqués de presse, on retrouve pêle-mêle des « buzz-words », dont personne ne comprend vraiment le sens mais dont tous nous abusons pour nous faire un peu mousser (je m’auto flagelle, en me mettant dans le même sac).

vieuxcons… et je devinerai ton âge…

Si je m’amuse à commenter de manière totalement subjective, je dirais que :

l’e-agriculture est plutôt utilisée par la génération des quinqua… J’imagine qu’il s’agit là de la contraction de electronic agriculture, comme le fut l’e-mail ou l’e-book. C’était en vogue dans les années 90 mais est-ce vraiment à la page d’utiliser encore cela ?

l’agriculture 2.0 est peut-être davantage dans son temps, disons que c’est ok pour les quadra. Pour rappel le web 2.0, c’est le début des années 2000. Depuis on en mange à toutes les sauces. A partir du moment où on veut être disruptif, on va nous bourrer le mou avec du 2.0. pour bien nous faire comprendre que si on ne suit pas la tendance en mettant à jour notre logiciel, on va être totalement dépassé, has-been, tellement 1.0 quoi.

la smart-agriculture maintenant. Ah ben voilà que c’est de la bonne grosse nouveauté bien à la page ça. Up to date quoi. Disons que ça c’est plutôt pour les trentenaires. Là encore ça nous vient probablement d’une extension d’un mot désignant, de façon très marketée, une avancée technologique que l’on va décliner à l’infini. Le génie des marques qui nous font croire que maintenant le dernier truc indispensable, c’est d’avoir des objets intelligents. Et oui, rien que ça. Ce bon vieux Nokia 3210, tellement 1.0 avec sa micro-puce électronique à 2 balles était tellement con après tout. Trop con par exemple pour tomber en rade au bout de 2 ans. Cette antiquité suédoise était pratiquement incassable ce qui en faisait le produit le plus con du nouveau millénaire. Il a heureusement été vite ringardisé par l’arrivée des smart-phones. Puis arrivent maintenant les smart-cities, les smart-watchs, les smart-box… Les smarties étaient finalement tellement en avance sur leur temps…

Enfin pour les jeunes de 20 ans et moins, c’est quoi le mot juste. Tous ces trucs e, smart, 2.0, c’est un peu pour les bolos non ? WTF qu’ils écriraient. La swag-agriculture, c’est plus chanmé non ? Le jeune est sûrement plus saucé par la dar-agriculture. Ça c’est du blase oufissime.

Toi qui ne parle pas le jeune, et qui ne veut pas devenir un vieux con, je t’invite à aller t’affranchir ici. Ça peut pas faire de mal…

Revival

Wordpress-backupsTrois ans !

Cela fait plus de trois ans que je n’ai pas écrit un seul article dans ce blog !

J’ai tout de même maintenu le nom de domaine et surtout j’ai maintenu l’idée de le reprendre un jour. Sérieusement.

Si je n’ai rien fait sur ce site, je n’ai pas chômé en trois ans. Mon boulot m’a beaucoup occupé. Je suis toujours dans les technologies de l’information appliquées au domaine de l’agriculture. Je dirige une équipe qui n’a fait que croître et cela m’a beaucoup occupé. J’ai lancé un certain nombre de projets pour l’entreprise pour laquelle je travaille. Côté web, j’ai aussi donné un coup de main à l’Association Francophone d’Informatique Agricole (AFIA) en montant son site web. Côté perso, j’ai repris des études avec un mastère en management des systèmes d’information à l’EMSI. Cela m’a beaucoup appris et j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de personnalités qui font avancer les SI en France. Et puis, j’ai fait tout plein de choses à titre perso, en plus de m’occuper de ma petite famille. J’ai aussi été relativement actif sur twitter, enfin un peu.

Pourquoi reprendre ce blog ?

En fait, c’est d’abord, et très égoïstement, pour moi que j’ai envie de faire quelque chose avec ce blog. Le monde du numérique poursuit sa course folle et j’ai le sentiment qu’on atteint aujourd’hui un climax. Tout le monde ne parle que de « révolution numérique« , d’entreprise « data-driven« , de Big, d’Open et de Smart Data… L’agriculture n’y échappe pas. Je suis dans mon métier dans l’oeil de ce cyclone. Je glâne beaucoup d’infos. Je dois monter de nombreux projets. Mon réseau s’étoffe. Je voudrai retracer ici ce voyage vers le numérique. Structurer ma pensée sur la veille que je peux faire. Parler des projets qui me tiennent à coeur. Ou des rencontres que je serai amené à faire. Documenter un peu tout ça. Faire réagir et avoir des commentaires serait la cerise sur le gâteau, bien sûr. Pour ça, il ne faut pas rêver. Il faut écrire, écrire et encore écrire. Pour faire vivre ce blog sur la geek culture.

Mais d’abord il fallait rénover ce bon vieux WordPress.

Et oui. Je n’avais fait aucune mise à jour du site wordpress que j’héberge sur mon espace perso free depuis ses début… Ceux qui hébergent un site wordpress sur l’espace free connaissent tous les problèmes et les difficultés qu’il y a à maintenir ce CMS sur cet environnement qui a toujours un temps de retard par rapport à des hébergeurs payants. D’abord, il faut savoir que toute mise à jour automatique est complètement impossible. Il faut même rentrer dans le paramétrage (fichier wp-config pour les intimes) pour empêcher ces mises à jour. C’est une vraie galère. En plus il faut être particulièrement frugal avec les plug-ins car l’espace mémoire alloué est très faible… Bref, tout cela serait pratiquement impossible sans l’assistance bénévole de la communauté francophone. Grâce à ce site, je n’ai finalement passé qu’une courte soirée pour passer de la version 3 à la version 4. Je tiens à remercier son auteur ! Il délivre une procédure simple à suivre et un pack pré-configuré pour installer wordpress sur un espace free perso. Il donne aussi des bonnes pratiques comme par exemple la sauvegarde de son site et de sa base de données à partir de ce plugin. Puis j’en ai profité pour revoir le thème avec un look plus épuré et qui donne plus de place au texte.

Donc, nous y voila. Le site a fait peau neuve. Reste maintenant, bien sûr à l’alimenter en contenu. J’ai pas mal d’idées en tête. Surtout autour des data et comment « le déluge » de données annoncé va transformer l’agriculture. Je ferai aussi bientôt un passage au SIMA et j’en donnerai un petit compte rendu. L’occasion peut-être de voir d’autres « ageekculteurs ».

Tchous

Blackout Day

Aujourd’hui même, 18 javier 2012, se déroule une vaste opération mondiale sur Internet. Le Blackout Day. Plusieurs sites majeurs se sont donnés rendez-vous pour signifier au congrès Américain leur refus de voir adopter les nouvelles lois liberticides de régulation de l’Internet SOPA et PIPA.

C’est le cas de Wikipedia ou de twitter, facebook et google pour les plus gros. De nombreux sites d’information Français les ont rejoins pour informer le public français des conséquences que de telles lois pourraient avoir au niveau mondial si elles étaient finalement adoptées. Le site Korben n’est plus accessible et a mis en ligne une simple page noire présentant un texte d’explication que je vous recommande.

Ce site a été censuré jusqu’à ce soir par solidarité avec nos amis américains qui aujourd’hui ont lancé un mouvement de blackout mondial sur le net dont le but est de marquer les consciences, expliquer aux internautes ce qui les attends dans les mois à venir et surtout protester contre ces lois liberticides.

En gros ces lois, permettraient tout simplement de bloquer l’accès des internautes à un grand nombre de sites. Sous couvert de la protection des droits d’auteurs et présentées comme étant un rempart contre les sites permettant le téléchargement illégal tels que The Pirate Bay, ces lois sont ni plus ni moins qu’une forme de censure redoutable. Des sites de partage de contenus en ligne aussi énormes que Youtube  ou Wikipedia par exemple pourraient du jour au lendemain être bloqués pour la simple raison qu’ils peuvent contenir un lien vers un site proscrit ou qu’ils peuvent héberger du contenu sous droits d’auteurs (une chanson en fond sonore d’une vidéo de votre bébé par exemple). Le modèle de l’Internet Chinois, censuré, serait la règle pour le monde entier. Y aurait il eu un printemps arabe avec de telles lois ? Quel frein pour l’innovation et le partage!

Pour aller plus loin dans la compréhension des impacts que pourrait avoir la SOPA et la PIPA, la lecture d’une lettre commune de Joi Ito, directeur du Media Lab du MIT et Ethan Zuckerman, cofondateur de Global Voices et chercheur au Berkman Center for Internet and Society à l’université d’Harvard a été traduite et mise en ligne sur le site InternetActu. Une vidéo en anglais très pédagogique est également disponible sur Vimeo.

Vous pouvez enfin en tant qu’Internaute apporter votre soutien à la cause, par exemple en modifiant votre profil sur les réseaux sociaux (twitter, facebook, google+) en vous référençant sur le site activiste BlackoutSOPA.org. Votre avatar sera serti automatiquementd’une bannière noire STOP SOPA et vous serez également comptabilisé comme pétitionnaire. Vous pouvez aussi relayer l’information sur le web ou auprès de vos réseaux.

Résistance.

La geek culture des agri-drones

L'arducopter, un drone open source

On en entend surtout parler à propos des applications militaires américaines, mais sachez que les drones intéressent un nombre croissant de projets de recherche voire ont déjà des applications concrètes en agriculture.

Un article récent du Monde, résume cette passion naissante liée à la médiatisation des affaires militaires. L’armée américaine qui utilise ces engins pour l’observation et plus récemment pour la destruction de « cibles » en afghanistan ou dans d’autres pays a sans doute fait progresser la technologie et l’a « popularisée » à tel point qu’une communauté grandissante de geeks se lance dans la construction d’appareils suréquipés, ultra légers, autonomes ou pilotés (en anglais on parle d’UAV).

En recherchant dans google vous trouverez une multitudes de sites détaillant comment acheter un drône prêt à être utilisé ou si vous êtes bricoleur comment dénicher les pièces détachées pour construire vous même le votre pour moins de 300 €.

Un des sites marchands les plus connus est DIYdrones, qui permet de trouver tout ce qu’il vous faut pour fabriquer le votre (Do It Yourself). Un autre projet très intéressant est l’arducopter, un projet open-source qui s’appuie sur la technologie arduino. L’intérêt d’une telle démarche est de mettre à disposition des internautes librement l’ensemble des plans de construction d’un drône de qualité et sa plateforme logicielle. La technologie arduino consiste en une plateforme open-source d’électronique programmée qui est basée sur une simple carte à microcontrôleur, et un logiciel, véritable environnement de développement intégré, pour écrire, compiler et transférer le programme vers la carte à microcontrôleur. Bref, celà s’adresse plutôt à des passionnés d’informatique et d’électronique qui ont pas mal d’heures à tuer le soir dans leur garage… Un des principaux intérêts d’une telle démarche est son faible coût et la dynamique de la communauté qui enrichit régulièrement le fond de connaissance et fait progresser la technologie.

Des opérationsplus grand public existent également et rencontrent un certain succès. Les drones de chez Parrot, se pilotent simplement avec un iphone ou un téléphone sous androïd utilisé comme une télécommande « sensorielle » assez bluffante en terme de facilité de prise en main et de stabilité. Une des innovations ici est que le smartphone permet de voir en temps réel ce que filme la caméra embarquée sur le drone. Combinée avec un logiciel, on peut créer des jeux, en apportant de la réalité augmentée (des cibles factices à détruire apparaissent sur l’écran). Toujours une utilisation guerrière, malheureusement mais le côté « ludique » fait que pour beaucoup cela reste une bonne idée de cadeau sous le sapin pour cette année …

Et l’agriculture dans tout ça ? En recherchant sur le net, on trouve des applications tout à fait concrètes qui peuvent déjà prendre la forme de prestations de services. Des sociétés françaises se spécialisent dans le domaine. Par exemple, cette année le vignoble bordelais a vu passer au dessus de sa tête quelques appareils ultra légers équipés de capteurs permettant d’observer la situation sanitaire des vignes. Le vol en stationnaire et à très faible hauteur permet d’acquérir des images de très haute résolution et géoréférencées. Certains projets utilisent en effet le GPS pour rendre ces appareils autonomes en pré-programmant leur parcours de vol à l’échelle d’une exploitation agricole ou du paysage. Des drones équipés de six rotors peuvent embarquer jusqu’à 2 kilos d’équipement et les dernières batteries lithium ion autorisent des vols pouvant durer jusqu’à 40 minutes. L’observation des forêts en Oregon utilisent de tels appareil pour observer l’état des arbres.

La technologie est en train d’exploser et de se démocratiser grâce à une chute des prix et l’émergence de projets open source. Des milliers d’applications sont possibles. Un vaste domaine s’ouvre à nous.